Extraits de l’article publié sur France Bleu Orléans :

Sébastien Fournier est représentant du personnel pour l’ensemble des salariés d’Office Dépôt en France : “Aurélius, le fonds d’investissement qui a racheté toute l’entité européenne pour un euro, a fait zéro euros d’investissement”.

“Ensuite, on a eu droit à tout. La réduction de capital, l’assèchement de la trésorerie. On a aussi cassé notre outil de travail, à travers par exemple ce qu’on appelle les management fees” (c’est une pratique qui consiste à faire perdre son autonomie à une entreprise, à travers des mouvements d’argent entre holding et filiale, les deux étant détenues par l’actionnaire, la première facturant parfois très cher certaines prestations à la seconde).

Ce qui met très en colère Sébastien Fournier, c’est le manque d’écoute de la part du gouvernement, alerté il y a deux ans et demi lors du rachat d’Office Dépôt par Aurélius. “On a alerté, on est même montés manifester il y a deux ans devant la bourse de Francfort en Allemagne, on a réussi à repousser le redressement judiciaire, mais voilà, maintenant, on y est. La question que doit se poser le gouvernement c’est : comment ce genre de fonds voyou, de fossoyeur, peut encore racheter des entreprises en France ? A chaque fois c’est le même business modèle, les mêmes montages financiers. En plus dans ce redressement judiciaire, ils ne vont pas débourser un euro, tout sera pris en charge par Pôle Emploi, par l’État, c’est inadmissible”.

Mais les salariés entendent ne pas en rester là prévient le représentant du personnel et délégué syndical. “Nous avons une plainte, déposée depuis deux ans au pénal, pour abus de bien social, auprès du tribunal de Nanterre. Nous avons aussi déposé plainte aux États-Unis. Et puis on va attaquer Aurélius au tribunal, des plaintes individuelles et collectives. Une chose est sûre, on ne laissera pas ça comme ça”. En 2012, les salariés de Quelle à Saran, victimes aussi de ce fonds d’investissement, avaient remporté une victoire en justice, et obtenu la condamnation d’Aurélius, à une amende de trois millions d’euros.