Si Didier Pacione, délégué SNMSAC-UNSA à Marseille, ne voit pas un lien direct entre ces suicides et les conditions de travail, celui-ci affirme en revanche que le mécanicien avion décédé, qu’il connaissait personnellement, aurait confié à son épouse subir « du stress au travail » quelque temps avant de se donner la mort. « Il était en train de suivre un stage pour pouvoir intervenir sur les avions de Hop (filiale d’Air France), dont nous avons récupéré le marché récemment. Il devait valider ce stage avec un examen » qui aurait pu être facteur de stress, explique-t-il, soulignant néanmoins que celui-ci était par ailleurs traité pour dépression pour des problèmes d’ordre personnel.

Pour tenter de faire la lumière sur le lien potentiel entre ces trois derniers décès à Marseille et le management de l’entreprise, une réunion extraordinaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) se tiendra mercredi. Une étude de mesure de la satisfaction au travail menée par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et sa déclinaison régionale, l’Aract, en juin 2017, montraient que le mécontentement au sein de la compagnie est réel, notamment chez les salariés du pôle client, et encore plus chez ceux du pôle avion, auquel appartenaient les trois agents décédés récemment. Dans ce dernier secteur, le taux de satisfaction des répondants concernant la reconnaissance de la qualité du travail et la prise en compte des problèmes personnels n’était que de 20 %. Toutes catégories confondues, ils étaient 49 % à estimer que les conditions de travail étaient insatisfaisantes, jugeant à 54 % que la conciliation entre travail et vie personnelle était problématique. Ils étaient également une majorité (51 %) à se dire inquiets pour la stabilité de leur emploi.

Pour ne pas apparaître comme évacuant totalement le débat sur les conditions de travail, la direction d’Air France a annoncé la mise en place d’ateliers pour réfléchir à l’organisation du travail avec « tous les salariés volontaires de l’escale ».