La CFDT 1ère avec 10 000 voix de plus que la CGT

Le premier enseignement est que la CFDT ravit la première place à la CGT. La confédération de Belleville concentre 24,04 % des suffrages valablement exprimés sur le cycle 2013-2016 dans le secteur privé et lors des élections professionnelles du secteur public de décembre 2018. Cela correspond à une progression de 0,33 point par rapport aux élections précédentes, à savoir le cycle 2009-2012 et les élections de 2014 pour la fonction publique. Parallèlement, la CGT a perdu 1,62 point, pour ne recueillir que 23,9 % des suffrages valablement exprimés.

Si la CFDT passe devant en totalisant 1 841 763 votes, les deux confédérations se tiennent dans un mouchoir de poche, la différence du nombre de suffrages valablement exprimés n’étant que d’un peu plus de 10 000 entre les deux confédérations ; 10 000 suffrages à comparer 7 662 757 suffrages valablement exprimés comptabilisés sur l’ensemble du dernier cycle électoral…

La CGT en forte baisse dans le privé et le public

La CFDT est donc première organisation syndicale française, mais a vu baisser, le nombre de suffrages recueillis dans le public. En lien avec la forte baisse de la participation qui est passée de 52,8 % en 2014 à 49,8 % en 2018, la CFDT perd ainsi plus de 45 000 voix entre les deux cycles ; une chute largement compensée par les plus de 65 000 voix supplémentaires obtenues dans le privé entre les cycles 2009-2012 et 2013-2016.

Donc, certes au total, la CFDT a gagné 20 000 voix, mais sa première place est principalement due à une CGT qui s’est écroulée entre les deux cycles, perdant un peu plus de 129 000 voix, pour totaliser 1 831 113 suffrages tous secteurs confondus. Parmi les sept organisations syndicales à vocation nationale interprofessionnelle, la CGT a la caractéristique d’être la seule à perdre du terrain dans le privé et dans le public, les autres organisations gagnant des suffrages dans le privé ; un gain de suffrages s’expliquant notamment par les augmentations de 500 000 salariés inscrits et de 178 000 suffrages valablement exprimés entre les cycles 2009-2012 et 2013-2016.

Des dynamiques positives pour la CFE-CGC et l’UNSA

Tout en perdant 0,45 point, FO demeure en troisième place avec 16,39 % des suffrages valablement exprimés (1 256 058 voix). La CFE-CGC vient ensuite prendre la quatrième place avec 8,36 % des suffrages, passant ainsi devant la CFTC. La CFE-CGC confirme la tendance observée lors du cycle 2013-2016 dans le privé -l’organisation connaissant la plus forte progression à l’époque avec +82 000 suffrages- et se trouve être le seul syndicat à gagner des suffrages dans le public (+5 000), malgré la chute de la participation. La CFTC progresse un peu avec 7,41 % (+0,15 point).

À l’instar de la CFE-CGC, l’UNSA connaît une progression significative avec +0,84 point à 7,19 %, limitant les pertes à 1 500 voix dans le public ; l’organisation avait gagné presque autant de voix que la CFDT dans le privé entre les deux cycles. Enfin, Solidaires perd du terrain à 4,38 %, soit -0,24 point entre les deux cycles.

Baisse de la participation et hausse du nombre d’inscrits

Outre ce classement, la comparaison des deux cycles fait état d’une participation en baisse passant de 45,69 % à 44,74 %, alors que le nombre d’inscrits augmente (+426 000 inscrits). Cette dernière augmentation est exclusivement due au secteur privé, puisqu’entre les scrutins de 2014 et de 2018, le nombre d’inscrits dans le public est passé de 5 212 957 à 5 150 092, soit près de 63 000 inscrits en moins en quatre ans.