Les salariés de Lidl manifestent contre le hard-discount social de l'entreprise


fcs.jpg« C’était un avertissement » prévient Fatiha Hiraki, déléguée syndicale UNSA. « Le taux de personnes inaptes est cinq fois supérieur à celui constaté dans la grande distribution… » assure Thierry Lahouari, secrétaire général UNSA.

Les manifestants, notamment ceux de Rousset, protestent également contre une insuffisante hausse des salaires accordée par l’enseigne, dont la part de marché ne cesse de progresser dans l’Hexagone.

Depuis le début de l’année, trois réunions de négociations avec la direction ont abouti à une revalorisation des salaires de 0,2 %, une prime de fin d’année et une hausse des remises sur les cartes fidélité distribuées aux salariés.
Ces mesures cumulées « portent à 1% la rétribution salariale en faveur des employés et agents de maîtrise », a indiqué Lidl dans un communiqué. L’enseigne a également rappelé la reconduction de l’accord d’intéressement qui avait permis aux salariés de l’entreprise de toucher 6 millions d’euros en 2015.

Pour les syndicats, il ne s’agit pas d’une hausse de pouvoir d’achat, mais d’une indexation sur l’inflation. L’intersyndicale UNSA-CGT-FO-CFDT-CFTC, qui a appelé au rassemblement, demande une augmentation de 1 %. La société est en pleine santé financière et ne partage pas son chiffre d’affaires avec ses salariés. Par contre, le budget publicité a été multiplié par trois entre 2014 et 2015, consacré notamment au sponsoring de l’équipe de France de handball ou à la nouvelle égérie de la marque, Malika Menard, ex-miss France.


Lidl, qui a changé de stratégie en France avec une sortie du hard discount depuis 2012, atteint environ 5 % de part de marché dans l’Hexagone, en progression constante depuis plus d’un an, selon le dernier relevé Kantar fin janvier. L’objectif affiché du groupe est d’atteindre les 8 % à l’horizon 2020. L’enseigne s’est également engagée fin février à privilégier les approvisionnements auprès d’éleveurs Français.

« Ils ont voulu redorer l’image de la marque pour les clients, mais pour les salariés, les conditions de travail sont toujours hard-discount », ironise Mme Rochel. « Selon un expert, on a un taux d’inaptitude et des accidents de travail cinq fois supérieur au reste de la grande distribution », affirme de son côté Lahouari Tami, de l’Unsa, syndicat majoritaire chez Lidl.

Arrivée en France en 1988, l’enseigne y gère environ 1 500 magasins et emploie 26 000 salariés pour un chiffre d’affaires (hors taxes), estimé à 8,5 milliards d’euros en 2014.