Ecotaxe : Halte à la démagogie !



Transports.jpgL’application de l’écotaxe poids-lourds, qui devait entrer en vigueur le 1er janvier 2014 est suspendue. C’est ce qu’a annoncé, le 29 octobre le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. La jacquerie bretonne a donc eu raison momentanément de ce nouvel impôt.

Pourtant, il avait été décidé de mettre en place l’écotaxe dans le cadre du Grenelle de l’environnement, en 2008. A l’époque, elle avait été approuvée par tous les partis politiques, associations de défense de l’environnement et les syndicats.

Cette taxe nationale sur les véhicules de transports de marchandises devait donc s’appliquer à tous les poids-lourds de plus de 3,5 tonnes qui utilisent le réseau routier national non concédé (ce qui exclut les autoroutes à péage).

Les poids-lourds étrangers seraient donc taxés au même titre que les poids-lourds français. Puisqu’ils utilisent nos routes, ne serait-ce pas normal qu’ils contribuent à leur entretien ?



Le but de l’écotaxe vise à instaurer un cercle vertueux, dans une logique écologique. Cela veut être un signal prix pour inciter à modifier les comportements en favorisant les modes de transport plus respectueux de l’environnement.

On est là sur le principe du « Pollueur – Payeur » faisant payer au départ au transport routier, mais ensuite plus largement aux chargeurs – comme à la grande distribution par exemple -, les coûts relatifs aux émissions de pollution, au bruit et à la congestion. On ne va pas nous faire croire que ce sont les transporteurs qui vont payer sur leur marge, et que c’est pour cela qu’il existe cette contestation. Au final ce sera bien le consommateur qui paiera !

Si le coût du transport est un peu plus important, ne peut-on pas rationaliser la chaine d’alimentation ? Ne peut-on pas – et ne serait-ce pas l’occasion - de rapprocher les lieux de production des lieux de consommation ? Et par la même de relocaliser des emplois en France.

Avec un coût des transports plus élevé, les porcs bretons partiraient moins en Allemagne pour l’abattage et la transformation, et si les poulets polonais devenaient plus chers que les poulets bretons, nous consommerions breton, ce qui serait tout bénéfice pour l’industrie agroalimentaire locale.

Aveuglés par le mot “taxe” beaucoup ne voit pas les retombées bénéfiques pour l’emploi local et pour la préservation de l’environnement en poussant Industrie et Commerce à arbitrer vers un rapprochement des lieux de production et des lieux de consommation pour limiter les frais de transport.

Pour l’UNSA Transport, une bonne utilisation du produit de cet impôt sera déterminante pour l’avenir des transports pour construire et améliorer les infrastructures et pour réduire l’empreinte carbone. Il nous faut une politique publique de l’environnement sans tabou écologique.