“Toutes nos demandes de rendez-vous avec les institutionnels (préfecture, ministères) semblent bloquées”, écrit-elle, en pointant du doigt les méthodes du cabinet Altedia, “choisi unilatéralement par la direction pour l’accompagner” dans la mise en œuvre du plan social.

Dans son “offre de services pour Gemalto”, citée par les syndicats et consultée par l’AFP, le cabinet propose comme “objectifs de communication externe” de “neutraliser les autorités politiques et administratives susceptibles d’interférer” dans la réalisation du plan, et de “limiter la couverture médiatique du projet”.

Le référent “relation institutionnelle et communication” d’Altedia, sur le dossier Gemalto, est un ancien conseiller social d’Emmanuel Macron, selon le document.

“Nous voulons croire que les absences de réponse à nos demandes de rendez-vous n’étaient qu’un oubli de la part des différentes institutions contactées ou le résultat d’un agenda chargé”, ironisent les syndicats dans leur lettre au président. Vu l’ampleur du plan social, qui touche les sites de Meudon (Hauts-de-Seine), La Ciotat et Gémenos (Bouches-du-Rhône), le fait que l’intersyndicale n’ait été reçue “ni à Bercy, ni au ministère du Travail, pose question”, a réagi auprès de l’AFP l’avocate du comité central d’entreprise (CCE) de Gemalto, Aline Chanu.

Le CCE a assigné Gemalto et Thales à comparaître mercredi devant le juge des référés de Nanterre, pour “demander à ce que les instances représentatives soient consultées sur l’OPA”, a-t-elle par ailleurs précisé.

Dans un tract, les syndicats CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et Unsa se disent “contraints d’entamer une action en justice” pour connaître “la stratégie du groupe Thales” et “l’incidence sur l’emploi et la gestion des compétences”.

Les salariés sont appelés à se rassembler mercredi à partir de 13H30 devant le tribunal de Nanterre.