Rajoutez, avec humour. “Et toi, lorsque tu as eu ton 1er enfant, t’es-tu posé la question de savoir si tu étais motivé à ton poste ? Moi, j’ai envie d’avoir une vie, comme toi !”… S’il insiste, disant “moi, ce n’est pas pareil”, enchaînez. “Quel est le lien de cause à effet entre ma performance et mes contraintes durant et après ma grossesse ?” “Peux-tu m’exposer le lien direct ?” Vous le ramenez sur le terrain de la logique. Imparable !

• “Nous avons recruté une super commerciale très jolie”

Vous pouvez répondre: “Jolie, je ne savais pas que c’était une nouvelle compétence.” S’il se défend, “oui mais pour une commerciale, c’est plus agréable à regarder”, rétorquez: “Alors tu vas licencier tous les commerciaux qui n’ont pas cette compétence de joliesse ?”. Ce raisonnement jusqu’à l’absurde devrait le laisser coi.

• “Je tente de promouvoir des femmes, bien que les dossiers soient techniques”

Vous pouvez répondre: “Est-ce pour te conformer à la loi sur la parité ou n’ai-je pas le profil technique?” “Si oui, de quel bagage technique parles-tu ? Qu’est-ce qui te fait dire que je ne l’ai pas ?” Surtout, évitez de parler en général, ce qui reviendrait à recourir, vous aussi, à des stéréotypes. Oubliez la provocation. Restez factuelle, dépassionnée, pour le pousser à s’expliquer.

• “Nous avons bien un homme pour ce projet, mais ils veulent absolument une femme, alors nous te sollicitons” Vous pouvez répondre: ” En quoi le poste est-il spécifiquement féminin ? Serait-ce pour des qualités prétendu-ment réservées aux femmes ? La douceur, l’écoute, la patience sont-elles leur apanage ?” Vous le confrontez ainsi à ses préjugés machistes.

Autre réplique possible: “D’accord, on peut toujours regarder ensemble, si moi, j’ai ces qualités-là.” Positionnez-vous en tant que professionnelle, sur les plans du savoir-faire et du savoir-être, et pas en tant que femme. “Pour-quoi avez-vous pensé à un homme avant moi ?” “Les femmes ne sont-elles pas dignes d’être promues à ce poste ?”

• “Te sens-tu capable d’assumer cette tâche? Qu’en pense ton conjoint ?”

Vous pouvez répondre : “Oui, j’ai les compétences.” “Oui, je suis capable.” Gare, à ne pas vous sentir attaquée en tant que femme, interdisez-vous de prendre cette observation comme une considération sexiste. Et de douter de vous ou de vous rabaisser, en annonçant “je ne l’ai jamais fait”, “je ne sais pas”. Soyez sûre. Ripostez sur les plans de l’expérience et de l’expertise.

Poursuivez, en ingénue : “Mon conjoint… Je ne comprends pas la question.” Ou préférez. “Tu peux répéter ta question ?” Et si la réflexion émane d’un collègue et non d’un chef, enfoncez le clou. “Et ton conjoint à toi, qu’est-ce qu’il pense de ton job ?”

• “C’est vous qui avez rendez-vous avec notre président !?”

Vous pouvez répondre : “Oui, c’est moi”. Ou si vous êtes accompagnée d’un associé déclarez, “Oui, c’est nous”. Il faut prendre le lead, ne pas laisser votre acolyte masculin réagir à votre place, alors que c’est vous la patronne. Marquez votre territoire tout de suite. Vous pouvez aussi être moins lapidaire envers votre interlocuteur, “C’est avec moi que le rendez-vous a été pris, je vous présente mon assistant (adjoint, bras droit etc.)”.

• “Tu n’irais pas nous chercher un café?” ou “Je n’ai pas le dossier avec moi, peux-tu nous l’apporter ?”

Vous pouvez répondre : “Je ne sais pas faire le café.” Ne vous démontez-pas, restez zen. Un peu de mauvaise foi douchera vos camarades et/ou supérieurs. Évitez absolument de vous lever pour préparer le breuvage ou de vous braquer en lançant “je ne suis pas ta boniche”.

Idem pour le dossier. “Si tu sais où il est, je te propose d’aller le chercher toi, ce sera plus efficace.” Rajoutez : “Et puis, sois sympa tu nous apportes un café.” En renversant la proposition, vous serez d’autant plus percutante.