Annoncé par Emmanuel Macron en mai dernier, le dédoublement des CP pour la rentrée 2017 s’est fait sans moyens supplémentaires dès le mois de juin. Dans le département des Bouches-du-Rhône, cela représente environ 100 postes d’enseignants brigades soit plus de 2/3 des postes liés aux CP dédoublés et 10% du nombre total des enseignants remplaçants du département.

Le SE-Unsa avait déjà alerté la DSDEN 13 sur les conséquences et les risques d’une mise en place au forceps d’une telle mesure.

Le SE-Unsa avait également demandé au Ministre de l’Éducation Nationale le recrutement des candidats au CRPE inscrits sur liste complémentaire pour venir abonder le nombre d’enseignants lorsque cela est nécessaire. Ils auraient alors été stagiaires avec un statut non précaire, une formation en alternance et un suivi.

Recruter des contractuels sans expérience ni formation, c’est nier les compétences des PE et plus spécifiquement celles des enseignants remplaçants. Les enseignants des écoles ne sont pas reconnus pour leurs compétences. “Feignasses travaillant 6 mois par an”, “Les enseignants de maternelles ne sont là que pour changer les couches” … Les “phrases chocs” dégradantes ne manquent pas.

Et pourtant l’exigence des institutions et des parents face aux représentants de l’Ecole de la République ne baisse pas, à raison.

Imaginerait-on un recrutement de contractuels niveau licence sans expérience ni formation pour pallier un manque d’infirmiers et d’infirmières à l’hôpital ? La réponse est évidemment non. Alors pourquoi s’autoriserait-on à brader l’éducation ?

Ce recrutement nie la formation initiale et des professeurs des écoles.

Emmanuel Macron a annoncé avant son élection sa volonté de réduire le nombre de fonctionnaires de 120 000. La perspective de l’augmentation du nombre d’enseignants est donc illusoire.

De plus, est prévu pour la rentrée 2018, le dédoublement des CE1 en REP+ . Cela devrait donc mobiliser un nombre équivalent de postes soit 130.

Sans augmentation du nombre de postes dans le département, quelles pourraient être les conséquences ?

L’Administration pourrait :

​Attention : pour l’instant aucune de ces propositions n’est d’actualité. Ce sont des hypothèses.

- Modifier les seuils d’ouvertures/fermetures de classe pour augmenter le nombre d’élèves par classe.
- Mobiliser encore des enseignants remplaçants pour occuper les postes sur les classes de CE1 et ainsi diminuer encore le nombre d’enseignants remplaçants.
- Recruter plus de contractuels avec un statut précaire pour des périodes plus longues.
- Accorder moins de temps partiels sur autorisation et modifier les quotités accordées à tous les enseignants demandant un temps partiel (exemple accorder un 75% plutôt qu’un 50%)
- Accorder moins de disponibilités sur autorisation.

Pour le SE-Unsa aucune de ces solutions ne serait acceptable.

Les demandes du SE-Unsa

Le SE-Unsa 13 adresse ce jour un courrier au Ministre de l’Éducation Nationale avec copie au DASEN du 13 et au recteur de l’Académie d’Aix-Marseille pour faire part de ses propositions pour l’année en cours et pour l’organisation de la rentrée 2018.

Le SE-Unsa 13 demande :

1- Pour l’année scolaire en cours :

- le recrutement même tardif des inscrits sur la liste complémentaire du CRPE en tant que stagiaire avec un accompagnement et une formation à l’ESPE

2- Pour l’année 2018-2019 :

- ​L’augmentation de la dotation de postes pour le département
- Un calibrage des opérations de changement de département (permutations informatisées et des ineat / Exeat) permettant un nombre suffisant d’entrants dans le département pour la rentrée 2018.
- L’augmentation du nombre de recrutement au CRPE session 2018.

Lire le courrier que le SE-Unsa 13 adresse au ministre de l’Éducation Nationale

Si vous souhaitez soutenir cette demande et ce courrier, vous pouvez signer la pétition ici