Les auteurs ont comparé le revenu plancher des 10% de personnes les plus aisées au revenu plafond des 10% de personnes les plus pauvres. En PACA, le rapport est par exemple de 6,84 avant transferts (revenu fiscal) et de 3,74 après redistribution (niveau de vie), soit un écart de 3,1 points.

Pour la ville de Paris, où les inégalités sont particulièrement fortes, les transferts permettent même de réduire le rapport de revenus de 4,5 points. Idem en Seine-Saint-Denis, où le rapport diminue de 5 points après redistribution.

Au-delà de son constat global, l’étude remarque surtout que les inégalités (et l’effet des prestations sociales) varient fortement d’une région à l’autre.

Le rapport de revenus entre plus riches et plus pauvres est de 6,48 dans les Hauts-de-France et de 6,84 en Paca avant transferts sociaux (régions où les inégalités sont particulièrement élevées), contre « seulement » 4,04 et 4,07 en Pays de Loire et en Bretagne (régions où les inégalités sont beaucoup plus réduites).

Ainsi, sans surprise, les régions aux plus fortes inégalités sont celles qui affichent aussi les plus hauts taux de pauvreté (18,3% dans les Hauts-de-France contre 10,8% en Bretagne).
C’est donc bien dans ces régions très inégalitaires que la politique de redistribution a les effets les plus significatifs. Dans les Hauts-de-France et en Paca, le rapport de revenus tombe par exemple à 3,31 et 3,74 après transferts (soit des baisses de 3,17 et 3,1).

A l’inverse, l’effet est moins marqué dans les régions où les revenus sont naturellement plus équilibrés. Le rapport diminue de seulement 1,16 point en Bretagne (de 4,07 avant redistribution à 2,91 après). La palme revient à la Vendée, qui présente les moins fortes inégalités monétaires. Dans le département, le rapport de revenus avant redistribution et après redistribution ne baisse que de 0,9 point.