“Tel que l’accord est fait aujourd’hui, on est contre, confirme-t-il. Habituellement, la branche sert de cadrage à l’ensemble des entreprises. Là, cet accord vient permettre de rattraper des entreprises qui n’ont pas réussi à avoir des accords internes car elles ne souhaitaient pas mettre les concessions nécessaires. Et donc de contourner les organisations syndicales présentes. C’est presque une inversion de la hiérarchie des normes avant l’heure.”

Il regrette également que cet accord concerne des entreprises qui étaient en train de négocier avec les syndicats et qui ont arrêté les négociations pour ne pas concéder des contreparties plus importantes que ce que propose l’accord de branche : “On peut penser que dans les mois qui viendront, un certain nombre d’entreprises dénonceront leur accord afin de bénéficier uniquement des règles de la branche qui sont moins-disantes.”

Et, selon lui, l’argument de l’emploi, avancé par les défenseurs de l’ouverture le dimanche, “est totalement fallacieux”. “On nous dit qu’on sauvera 800 emplois, mais entre les PSE de Vivarte, Tati, Marks & Spencer, c’est près de 5 000 emplois qui ont été supprimés au total, rappelle-t-il. Quand on dit qu’on créerait 250 emplois, on parle d’une branche qui a plus de 120 000 salariés. Est-ce qu’on voit le rapport ? On se moque littéralement du monde.”