Reçus jeudi en fin d’après-midi à Bercy, les salariés avaient jusqu’à 11 heures ce vendredi pour déposer leur dossier de reprise auprès du Tribunal de commerce de Bobigny. Mais il n’en sera rien. Ils n’ont pas obtenu le prêt espéré : 10 millions d’euros via la Banque d’investissement. Bercy était prêt à leur octroyer deux millions d’euros, à condition qu’eux mettent 8 millions d’euros sur la table.

«Mim est mort et le projet de la Scop aussi», a réagi l’un des quatre salariés à l’origine du projet de Scop, Michael Gharbi délégué Seci-UNSA. «L’État préfère gérer des personnes à Pôle emploi que sauver des entreprises françaises. Un vrai scandale», s’insurge-t-il. Et d’ajouter, dépité : «Ils n’ont même pas pris la peine de juger notre travail qui a été quand même énorme. Nous étions 100 sociétaires hier, alors que nous étions encore que 15 début mai», assure Michael Gharbi.

Le nouveau gouvernement, jusqu’ici resté muet sur le dossier, s’en est finalement emparé en recevant des salariés de Mim jeudi en fin d’après-midi à Bercy. Mais le cabinet de Bruno Le Maire n’a pas abondé le projet, rejetant ainsi définitivement ce projet de Scop.

Le tribunal de commerce de Bobigny a finalement ordonné la liquidation judiciaire de Mim, avec à la clé la suppression des emplois restant: 791 en CDI. Parmi eux, à ce jour 650 ont opté pour un contrat de sécurisation professionnelle (CSP), selon le délégué Seci-Unsa. Ce dispositif permet, sous conditions, d’obtenir une allocation chômage et un accompagnement vers l’emploi renforcés pendant un an.