D’abord dans sa déclaration d’amour aux syndicats et leurs représentants :

  • Engagement n°10 du projet présidentiel de Madame Le Pen : “Instaurer une véritable liberté syndicale par la suppression du monopole de représentativité et moraliser la vie syndicale par un contrôle public du financement des syndicats.”

Explication de texte : Au nom d’une prétendue « véritable liberté syndicale » et sous couvert de supprimer un « monopole de représentativité » qui n’existe plus, le FN entend affaiblir la représentation des salariés et favoriser le retour des syndicats maison. Souvenons-nous de ces syndicats qui se prétendaient « libres », et qui, loin de défendre les intérêts des salariés, étaient aux ordres des patrons et/ou proches de l’extrême droite.

  • Ou bien, sur le site même du FN : “Le syndicalisme français, dévoyé et moribond, est une des causes du blocage de notre économie et un des obstacles majeurs aux réformes nécessaires de la société française (retraites, sécurité sociale, fonction publique, formation professionnelle, code du travail…).”
  • Ou encore : “Archaïques et non représentatifs, les syndicats font partie de ces maux qui asphyxient l’entreprise française.” Etc, etc.

Ensuite, sur son soi-disant penchant social :

  • “Il faut travailler plus et plus longtemps en France.”
  • “Il faut élargir le financement des retraites aux revenus du capital, stock options et spéculation.”
  • Suppression du compte pénibilité.
  • Création d’une « prime de pouvoir d’achat » pour les bas salaires et les petites retraites, versée directement par l’État. Pas un salaire, donc pas soumise à cotisation sociale, ne compte ni pour la retraite, ni pour le calcul des indemnités journalières, ni pour le chômage… Un vrai cadeau aux employeurs, pris en charge par l’État.
  • Maintien de la durée légale du travail à 35 heures… Mais les négociations sur la durée de travail se feront au niveau des branches professionnelles. Ainsi, si l’accord le prévoit, les salariés devront travailler plus de 35 heures sans être payés en heures supplémentaires. Etc, etc.

Alors, pour ces 14 % d’électeurs, quelle est la motivation première ? La défense des syndicats ? La dimension sociale ? Ou les valeurs du FN, (exclusion, discrimination, autoritarisme,réaction…), certainement en phase avec celles de l’UNSA (humanisme, solidarité, progrès…).

Comme l’écrivait Luc Bérille avant le premier tour, le FN représente un danger, pas une solution. Alors, reprenons-nous ! Quelles que soient les défiances que l’on peut entretenir envers les politiques qui nous gouvernent, rien ne peut justifier de se jeter ainsi dans les griffes de l’extrême droite.
A fortiori quand on est syndicaliste.

A fortiori quand on est adhérent UNSA.