“Ça fait deux ans qu’on pose une question : on est des patrons ou des salariés ? Si on est des patrons, c’est nous qui gérons le tarif, les forfaits, le matériel, les sanctions. Si c’est une plateforme qui décide de tout pour nous, nous sommes ses salariés” avec la protection sociale et les avantages que cela suppose, avait résumé jeudi Sayah Baaroun de l’UNSA. Ce sera à la justice de trancher, avait-il prévenu. Au total, “95 dossiers” ont déjà été recensés, visant “principalement Uber, LeCab et Chauffeur privé”. Ils seront déposés aux prud’hommes par “salve de dix”, avait-il ajouté.

Jeudi, une centaine de chauffeurs VTC s’étaient rassemblés à l’appel de l’UNSA-VTC devant les locaux de Chauffeur privé à Issy les Moulineaux (Hauts-de-Seine), où ils avaient accroché des mannequins pendus par une cravate rouge pour exprimer leur colère envers leurs plateformes partenaires. “Je veux vivre dignement”, “Je ne suis pas un esclave mais un entrepreneur”, “30 minutes (de travail) pour 6 euros, ça vous dit ?” : les poupées géantes affichaient des messages exprimant le ras-le-bol des chauffeurs, rassemblés dans le calme autour d’un barbecue.

Ces chauffeurs reprochent à Chauffeur privé comme aux autres plateformes numériques, l’Américain Uber en tête, leurs pratiques tarifaires au rabais et arbitraires. Elles les obligent notamment à leur reverser une importante commission mais fixent les tarifs des courses à des taux horaires très bas alors qu’ils ont théoriquement un statut d’indépendant. “60 euros bruts gagnés hier pour une course de deux heures avec une commission de 22% ! “, s’est insurgé l’un d’entre eux. “Je suis perdant avec le crédit de la voiture, le gasoil, l’assurance, les abonnements téléphone…plus de 1 000 euros de frais par mois” et “tout ça pour des miettes”, témoignait un de ses collègues de Seine-Saint-Denis qui s’est lancé il y a huit mois.