Sur ce sujet, nous voulons aussi rappeler la méthode exigeante que nous déployons, pour avancer dans le dialogue social.
Sur un certain nombre de grands sujets, le syndicalisme français est divisé. Cette réalité trouve ses racines dans l’appréciation que nous pouvons avoir, les uns et les autres, des réalités économiques, et surtout des solutions que nous envisageons pour régler les problèmes.
A l’UNSA, nous voulons que ce 1er mai 2016 permette à chacun d’affirmer ses positions, ses propositions, et d’œuvrer dans l’intérêt collectif. L’UNSA tient à rappeler les exigences sociales qui sont les siennes et ce 1er mai 2016 est un moment propice pour les réaffirmer.

Les salariés de ce pays veulent être acteurs du débat démocratique. Ils veulent un État dans lequel la démocratie – représentative - respecte les citoyens, tous les citoyens ; et dans lequel la démocratie sociale – représentative, elle-aussi - donne la parole à tous les salariés, par la voix de leurs syndicats, tous leurs syndicats.
Les salariés ont des exigences pour leurs salaires et leur pouvoir d’achat ;
Les salariés veulent préserver leurs emplois, garantir leur contrat de travail ;
C’est ce combat que nous menons concernant la loi travail.

C’est un combat, car le dialogue social, en France, est un combat. La méthode gouvernementale d’élaboration du projet de loi El Khomri, oubliant dans un premier temps toute concertation, traduit cette tentation toujours présente de faire l’économie du dialogue social.

A l’UNSA nous voulons pratiquer un syndicalisme qui renforce le dialogue social. Nous voulons un syndicalisme de construction, un syndicalisme pragmatique, qui produit pour l’avenir des salariés un mode d’organisation du travail qui les protège, sans ignorer l’efficacité économique des entreprises, dont dépend aussi l’emploi. Ce syndicalisme est exigeant et trouve sur sa route des oppositions.

Dans une partie du syndicalisme, car d’autres options s’affirment, et c’est bien normal dans un contexte démocratique de pluralisme syndical.

Côté patronal, car face au rééquilibrage en cours du projet de loi El Khomri, pour lequel l’UNSA se bat au profit des salariés, le président du MEDEF n’a pas hésité à appeler les députés « à abandonner la culture du compromis », en menaçant de se retirer des négociations sur l’assurance chômage.

Prendre les chômeurs en otages, badge « 1 million d’emplois » à la boutonnière, c’est non seulement pitoyable, mais c’est surtout indigne et révoltant ! L’UNSA n’accepte pas ce chantage.

A l’heure de la mondialisation, des évolutions ultrarapides des technologies et du numérique, à l’heure du réchauffement climatique, la seule question qui se pose pour l’UNSA, c’est de savoir comment inventer, comment construire un nouveau modèle de développement, qui sécurise l’emploi et les salariés, et assure un développement économique à notre pays.

A l’UNSA nous voulons conjuguer démocratiquement, et non opposer, le politique, l’économique, le social et l’écologique au bénéfice de l’humain. La vérité est que cette construction nouvelle ne pourra reposer que sur des dynamiques résultant de la mobilisation de tous les secteurs de la société. Nous entendons en être des acteurs positifs.

Pour cela, le dialogue, et notamment le dialogue social, est la seule méthode qui vaille. C’est ce qui fonde l’ancrage réformiste de l’UNSA. C’est ce qui fonde aussi sa progression parmi les salariés et agents publics, et les résultats que ses syndicats obtiennent, mois après mois, élection après élection.